Affaire Jacqueline Sauvage : rejet de la demande de libération conditionnelle

Le 12 août dernier, le tribunal d’application des peines de Melun a rejeté la demande de mise en liberté conditionnelle de Jacqueline Sauvage. Condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari, Jacqueline Sauvage, devenue symbole de la lutte contre les violences conjugales, avait bénéficié en janvier d’une grâce partielle accordée par le Président de la République. Cette grâce lui permettait de présenter une demande de liberté conditionnelle dès cet été. Une demande rejetée donc, au motif notamment que la notion d’interdit dans le passage à l’acte « n’apparaît pas encore vraiment intégrée par Mme Sauvage. Le sens de la peine lui échappe et elle a été confortée dans cette position par les soutiens dont elle a bénéficié, l’évolution très rapide de sa situation pénale et la médiatisation de son affaire ».  Le Tribunal considère que cette médiatisation « rend difficile une authentique démarche de réflexion pour Mme Sauvage, qui est encouragée à se cantonner dans un positionnement exclusif de victime ». Autre argument avancé : le Tribunal estime « que Mme Sauvage doit poursuivre sa réflexion dans un lieu éloigné de la commission des faits » – or elle avait demandé à s’installer dans le Loiret, à proximité de ses filles, et du lieu du drame.

Jacqueline Sauvage, qui n’est pas considérée comme dangereuse, se sentirait donc trop victime, et pas assez coupable… Elle restera donc incarcérée, après plus de trois années déjà passées à purger sa peine. De nombreuses voix se sont une fois encore élevées contre cette décision, que ses avocates jugent « purement politique ».

Après avoir annoncé qu’elle renonçait à faire appel, épuisée par cet acharnement judiciaire, Jacqueline Sauvage a finalement déposé un nouvel appel vendredi 19 août. Affaire à suivre… Une fois encore.

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