Quelques chiffres sur les violences conjugales

En France, une femme sur 10 serait victime de violences conjugales  (enquête ENVEFF 2000), et une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon.

On apprend sur le site du Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes consacrées aux violences faites aux femmes que : « Chaque année, 216 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire intime (mari, concubin, pacsé, petit-ami…). Il s’agit d’une estimation minimale. L’enquête n’interrogeant que les personnes vivant en ménages ordinaires, elle ne permet pas d’enregistrer les violences subies par les personnes vivant en collectivités (foyers, centres d’hébergement, prisons…) ou sans domicile fixe. Ce chiffre ne couvre pas l’ensemble des violences au sein du couple puisqu’il ne rend pas compte des violences verbales, psychologiques, économiques ou administratives. »

En 2014, ce sont 118 femmes et 25 hommes qui sont décédés sous les coups de leurs compagnons ou ex-compagnons – soit 3 victimes de moins que l’année précédente. Malgré cette baisse, ce chiffre reste extrêmement élevé et préoccupant, et représente près de 20% des homicides de l’année !

Moins nombreux à être touchés (on estime qu’ils seraient trois fois moins), les hommes sont néanmoins concernés eux aussi par les violences conjugales, dans des proportions plus grandes qu’on pourrait l’imaginer.

Un article du Monde paru le 10 avril dernier nous cite deux chiffres éloquents, à partir des données diffusées par l’ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales) :

«

  • 149 000 hommes ont été victimes de violences au sein de leur couple en 2012 et 2013 […]
  • Tous les 14,5 jours, un homme décède sous les coups de sa conjointe

»

Et les hommes porteraient beaucoup moins encore plainte que les femmes lorsqu’ils sont victimes de violences conjugales : « il est rare qu’un homme dépose plainte pour avoir subi des violences de la part de sa femme. Moins de 4 %, le feraient », révélait Sylvianne Spitzer, fondatrice et présidente de SOS-Hommes Battus, dans un entretien accordé au Figaro en 2012.  Le Monde confirme cet ordre d’idée avec des données récentes :

« Quand 10 femmes sur 100 déposent plainte suite aux violences qu’elles ont subies, seuls 3 hommes sur 100 osent se tourner vers la justice ».

Ces chiffres préoccupants lèvent donc un voile sur une réalité bien pire encore : de nombreuses violences ne sont et ne seront jamais dénoncées. Quant aux violences psychologiques, avant les coups, qui sont au cœur de la relation d’emprise au sein des couples, elles sont aussi difficiles à dénoncer qu’à chiffrer…

 

MJ/ LP