Quelques chiffres sur les sectes

Quand on parle d’emprise, on pense souvent, et parfois exclusivement, aux sectes. Au sens du « groupe idéologique clos qui suit un leader dissident de la doctrine générale et qui se caractérise par le fanatisme et l’intolérance de ses membres », que propose le dictionnaire de l’Académie Française, il s’agit effectivement d’un contexte où l’emprise est omniprésente, car c’est sur elle que repose l’existence et le fonctionnement des sectes.

On estime qu’en France, il y a 500 groupes sectaires en activité, pour 500 000 adeptes. Il y aurait 60 000 à 80 000 enfants élevés dans un contexte sectaire. Ces données sont communiquées par la MIVILUDES, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, organisme d’Etat, qui a pour mission d’ « observer et analyser le phénomène sectaire, coordonner l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires, et informer le public sur les risques et les dangers auxquels il est exposé ».

Un sondage réalisé par l’IPSOS pour le Service d’Information du Gouvernement en 2010 montrait aussi l’ampleur du phénomène des dérives sectaires : 25% des Français disent avoir été personnellement contactés par une secte ou les membres d’une secte, quand 20% déclarent connaître personnellement dans leur entourage familial, amical ou professionnel un ou plusieurs victime(s) de dérives sectaires.

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Ces chiffres préoccupants ne représentent pourtant malheureusement qu’une infime partie de ce qu’est l’emprise. Car les sectes sont loin d’être les seuls lieux où elle s’exerce : il existe des « sectes » familiales, à deux ou à plus, des relations d’emprise qui s’instaurent dans le couple, au travail, avec une personne censée être soignante ou dans des formations censées contribuer au développement personnel…

MJ / LP